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De quoi on parle
Là où il n'existe ni ligne régulière ni cadencement utilisable, la voiture n'est pas un confort, c'est une condition d'accès à l'emploi, aux soins et aux démarches. Le covoiturage y répond à un besoin différent de celui d'une métropole : il ne s'agit pas d'éviter un embouteillage, il s'agit de pouvoir se déplacer du tout.
Même sur cinq kilomètres ou moins, 60 % des actifs prennent la voiture. Et la moitié des actifs habitent à plus de 9 km de leur lieu de travail.
La distance ne suffit donc pas à expliquer l'usage de la voiture : dans beaucoup de territoires, elle est utilisée même sur des trajets que rien d'autre ne dessert.
Le second trait de ces territoires est la dispersion. Deux personnes peuvent travailler dans la même ville sans habiter le même village, et un covoiturage viable suppose que le détour reste raisonnable. C'est une contrainte de géométrie, pas de bonne volonté.
Le problème du premier trajet
C'est l'obstacle qui décourage le plus vite, et il n'est pas un défaut de la plateforme : il est structurel. Une recherche sur un axe où personne n'a rien publié ne rend rien. La personne conclut que le covoiturage ne marche pas chez elle, et n'y revient pas. Pendant ce temps, quelqu'un d'autre fait exactement la même recherche, le même jour, et tire la même conclusion.
La seule sortie est de publier plutôt que de chercher. Une annonce existe même quand personne ne la réserve, et elle reste visible pour le suivant. Une recherche vide, elle, ne laisse aucune trace.