Partager sa voiture avec des amis n'a rien de nouveau, et personne n'a attendu une application pour le faire. La question intéressante est donc ailleurs : qu'est-ce qui, dans ce cas, mérite d'être formalisé, et qu'est-ce qui n'a aucun besoin de l'être ? La réponse tient à l'argent et à la répétition.
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Le cas le plus courant, et le moins raconté
On présente souvent le covoiturage comme le fait de monter avec un inconnu. C'est pourtant la situation la plus rare. Voyager à plusieurs dans une voiture est banal ; le faire avec quelqu'un qu'on ne connaissait pas l'est beaucoup moins.
59 % des déplacements en voiture se font à plusieurs — mais seuls 3 % des passagers déclarent avoir covoituré, c'est-à-dire voyagé dans le véhicule d'un autre ménage. Voyager accompagné est courant ; voyager avec quelqu'un qu'on ne connaît pas ne l'est pas.
Cet écart dit quelque chose d'utile. Le potentiel du covoiturage ne se trouve pas seulement dans la mise en relation d'inconnus : il se trouve aussi dans l'organisation de trajets entre personnes qui se connaissent déjà mais qui ne se coordonnent pas. Deux amis peuvent faire le même trajet le même jour, chacun dans sa voiture, faute d'avoir su que l'autre partait.
L'argent entre amis, et pourquoi le tracer
C'est le point qui abîme le plus les arrangements entre proches, et personne n'aime en parler. Sur un trajet unique, l'approximation ne coûte rien : on remercie, on paie un café, on n'en parle plus. Sur un trajet répété, l'approximation devient un déséquilibre, puis un ressentiment que personne ne nomme.
Formaliser la participation ne rend pas la relation transactionnelle : cela évite d'avoir à la recalculer chaque fois. Un prix décidé une fois, appliqué à chaque trajet, supprime la discussion plutôt que de l'entretenir.
Le guide complet
Se déplacer quand on étudie : le week-end chez soi, le stage à l'autre bout du département, les vacances.
Cette dernière règle a une conséquence directe entre amis : la participation d'un passager n'est pas amputée en chemin. Ce qui est demandé correspond à ce qui est reçu, ce qui rend le calcul lisible pour tout le monde. La méthode pour arriver à un montant défendable est expliquée dans fixer le prix d'un trajet.
Ce que les RP ajoutent
Le produit distingue deux unités, et la distinction est stricte. L'une sert à payer une réservation et s'achète ; l'autre récompense une action et ne s'achète jamais.
Cette séparation explique pourquoi aucun raccourci n'existe entre les deux : il n'y a pas de conversion, dans aucun sens. Ce que cela signifie concrètement, unité par unité, est expliqué dans RECOIN et RP, deux unités.
Un point précis mérite d'être écrit parce qu'il est régulièrement mal compris, y compris par des personnes qui utilisent le produit depuis un moment.
Autrement dit, deux familles de publicité coexistent et ne se confondent pas. Celles qui s'affichent en naviguant, et celles qu'on déclenche volontairement parce qu'elles rapportent des RP. Retirer les premières ne retire pas les secondes, donc ne retire aucun RP.
Un groupe qui voyage ensemble
Quand plusieurs personnes se déplacent régulièrement sur les mêmes axes, elles finissent par former un groupe de fait : une promotion, une association, une équipe, un ensemble de voisins. L'intérêt d'un tel groupe est simple et n'a rien de technique. Il rend visible, à l'avance, qui part quand.
Savoir qui prend la route le même jour évite deux voitures à moitié vides sur le même trajet.
Répartir les rôles à l'avance évite que la même personne conduise toujours.
Un groupe stable règle le problème de la confiance sans avoir à le poser : les personnes se connaissent déjà.
Ce qui ne change pas parce qu'on se connaît
Deux choses valent entre amis exactement comme entre inconnus, et l'habitude les fait oublier plus vite. La première est la ponctualité : un ami qui attend une demi-heure attend quand même une demi-heure. La seconde est la prévenance : prévenir tôt d'un changement reste la règle qui préserve l'arrangement, et le lien de proximité ne dispense de rien.
La troisième, moins évidente, concerne la conduite. Transporter des passagers engage une responsabilité qui n'existe pas quand on roule seul, et le fait de bien connaître ses passagers ne la réduit pas. Renoncer à partir quand on est trop fatigué reste la bonne décision, y compris quand elle contrarie tout le monde.
Une dernière situation mérite d'être anticipée, parce qu'elle survient toujours : le jour où le groupe s'élargit. Un ami amène quelqu'un que les autres ne connaissent pas, et les règles implicites cessent d'être partagées. C'est le moment où ce qui n'avait jamais eu besoin d'être dit doit l'être : la participation attendue, le point de rendez-vous, l'heure limite. Le faire à ce moment-là évite d'avoir à le faire après un désaccord.
Ce qu'il faut retenir
Entre amis, ce qui mérite d'être formalisé est ce qui se répète : la participation aux frais, le tour de rôle, l'heure et le lieu. Le reste se règle en parlant. La séparation des deux unités reste la même que pour n'importe quel trajet, et le cadre du partage des frais aussi.
Si votre groupe fait souvent le même trajet sans se coordonner, publiez le premier trajet sur cet axe : c'est ce qui rend visible, à l'avance, qui part quand. Le cadre général des déplacements étudiants est repris dans le guide du covoiturage étudiant.