Le barème kilométrique, bon repère pour partager les frais
Cadre légal
Le barème kilométrique, bon repère pour partager les frais.
Pour savoir combien demander à un passager, il faut d'abord savoir ce qu'un kilomètre coûte. L'administration fiscale publie chaque année un barème qui répond à cette question mieux que l'intuition. Voici ce qu'il recouvre, comment s'en servir, et pourquoi vous ne trouverez pas sa valeur écrite dans cet article.
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Demandez à un conducteur ce que lui coûte un trajet, et il vous répondra par un plein d'essence. C'est ce qu'il a payé, c'est ce dont il se souvient. Pourtant, une voiture coûte surtout quand on ne la regarde pas : elle perd de la valeur, ses organes s'usent, ses échéances d'entretien se rapprochent. Ce coût-là est réel, il est simplement différé — et il est presque toujours oublié dans un partage de frais.
À quoi sert le barème kilométrique
Le barème kilométrique n'a pas été écrit pour le covoiturage. Il sert à des contribuables qui déclarent des frais professionnels de déplacement et qui préfèrent une évaluation forfaitaire à la conservation de toutes leurs factures. C'est justement ce qui le rend utile ici : il répond à la question « combien coûte un kilomètre » avec l'autorité d'une administration, et il est public.
Le barème kilométrique de l'administration fiscale sert de repère pour évaluer le coût réel d'un kilomètre. Il tient compte de l'amortissement du véhicule, des réparations et de l'entretien, des pneumatiques, du carburant et de l'assurance — et il est republié chaque année.
les barèmes kilométriques publiés chaque année par l'administration prennent en considération
L'énumération de ce qu'il prend en compte est la partie la plus instructive : elle nomme tous les coûts qu'on oublie.
Ce qu'il englobe, au-delà du carburant
Reprenons la liste, poste par poste, parce que chacun correspond à une dépense qu'un conducteur fait réellement, même s'il ne la rattache pas au trajet du jour.
L'amortissement du véhicule : chaque kilomètre parcouru réduit la valeur de revente. C'est le poste le plus lourd et le plus invisible.
Les réparations et l'entretien : vidanges, courroies, freins, révisions. Leur échéance est kilométrique, pas calendaire.
Les pneumatiques : ils s'usent au kilomètre, et un train de pneus se remplace entièrement.
Le carburant : le seul poste qu'on paie au moment où on roule, et donc le seul dont on ait conscience.
L'assurance : elle couvre des kilomètres, et un véhicule qui roule beaucoup finit par coûter plus cher à assurer.
Un partage de frais fondé sur le seul carburant ignore quatre postes sur cinq. Le conducteur croit alors partager ses frais alors qu'il en supporte encore la plus grande partie. Ce n'est pas illégal — on ne franchit pas la limite par le bas — mais c'est faux, et c'est ce qui fait qu'un conducteur trouve le covoiturage décevant sans savoir pourquoi.
Pourquoi c'est le bon repère pour un partage de frais
La règle fiscale du covoiturage demande que le prix demandé ne dépasse pas les frais engagés. Elle ne dit pas comment évaluer ces frais, et c'est là que le barème devient précieux : il donne une évaluation que personne ne contestera, parce qu'elle vient de l'administration qui pose la règle.
Les sommes reçues par un conducteur en covoiturage échappent à l'impôt sur le revenu à trois conditions réunies : il effectue le déplacement pour son propre compte, le prix demandé ne dépasse pas les frais engagés, et il garde à sa charge sa propre quote-part.
Vous effectuez le déplacement pour votre propre compte. Le prix que vous proposez aux passagers ne dépasse pas les frais engagés. Vous gardez à votre charge une quote-part des frais engagés.
La deuxième condition est celle qui appelle un chiffrage. Le barème est la manière la plus défendable de le produire.
Le raisonnement complet, avec les trois conditions et ce qui les fait tomber, est déplié dans le guide du partage des frais. Ce qu'il faut retenir ici est plus étroit : quand vous vous appuyez sur ce barème, vous ne devinez pas, vous citez.
Pourquoi sa valeur n'est pas écrite ici
Vous ne trouverez pas de montant par kilomètre dans cet article, et c'est délibéré. Le barème est révisé chaque année. Un article qui recopierait sa valeur serait exact le jour de sa publication, puis faux le reste du temps — et personne ne revient corriger un article publié.
Le problème est aggravé par la manière dont un chiffre circule. Recopié une fois, il devient une source pour quelqu'un d'autre, qui le recopie à son tour. Au bout de quelques années, une valeur périmée est citée partout, et plus personne ne sait d'où elle vient. La seule protection contre cela est de ne jamais recopier : renvoyer à la page officielle, qui porte la valeur de l'année en cours.
Du barème au prix d'une place
Une fois le coût kilométrique connu, le passage au prix d'une place tient en trois opérations, et aucune n'est compliquée.
Multipliez le coût kilométrique par la distance du trajet : vous obtenez le coût total du déplacement.
Divisez ce coût par le nombre de personnes à bord, vous compris : vous obtenez la part de chacun.
Demandez cette part aux passagers, et gardez la vôtre à votre charge.
Cette division est ce qui rend le partage des frais mécaniquement sûr : vous ne pouvez pas encaisser plus que vos frais, puisque votre propre part n'est jamais demandée à personne. La méthode et ses variantes sont reprises dans combien coûte vraiment un kilomètre et dans fixer le prix d'un trajet.
Sur RenCar
Le prix d'une place appartient au conducteur, sans arbitrage de la plateforme.
Cette liberté serait suspecte si la plateforme avait un intérêt à ce que les prix montent. Elle n'en a aucun.
Nous n'affichons donc pas de prix recommandé calculé à votre place. Un tel prix aurait l'air d'une norme, et il serait faux pour la plupart des véhicules, puisqu'il faudrait connaître la puissance administrative, l'âge, la motorisation et la distance annuelle de la voiture concernée. Donner le repère et sa méthode nous paraît plus honnête que produire un nombre qui ne saurait pas d'où il sort.
Ce qu'il faut retenir
Le barème kilométrique est la meilleure réponse publique à la question « combien me coûte ce trajet ». Il englobe l'amortissement, l'entretien, les pneumatiques, le carburant et l'assurance, c'est-à-dire tout ce qu'un conducteur oublie. Il se lit sur la page de l'administration, à la ligne qui correspond à votre véhicule, et il change chaque année.
Multipliez par la distance, divisez par le nombre de personnes à bord, gardez votre part. Vous pouvez ensuite publier un trajet avec un prix que vous êtes capable d'expliquer — ce qui est, au fond, la seule définition utile d'un prix juste.